Accueil
CatalanEspagnolFrançais Anglais
 

Colloque international Walter Benjamin, 2018

« Les voies du souvenir et de la réparation dans la surmodernité : mémoire, post-mémoire et histoire critique »

(Girona – Portbou 4, 5 et 6 octobre 2018)

               

                Depuis les années 1980, les transformations d’ordre économique, politique et culturel ont comporté, à l'échelle globale, des modifications substantielles quant aux relations des sociétés et des individus avec des héritages du passé immédiat. Ces changements, sans doute profonds, sont inséparables de notre contemporanéité appelée surmodernité (M. Augé), postmodernité (J. Habermas/F. Jameson) ou même reconsidérée dernièrement comme étape posthume, un après sans après (M. Garcés).

 

                Une époque où, tandis que le sens du mot historicité semble s'évaporer dans l'impossibilité d’imaginer un futur qui ne soit qu'un présent étendu dans le temps, par contre le passé récent  – surtout celui qui prend forme dans la remémoration d’épisodes violents et traumatiques – a une présence remarquable dans le quotidien des individus, au point d'en tenir compte dans la mise en place de programmes de politiques publiques. 

 

                L’omniprésence du présent et l’obsession par rapport au passé (H. Rousso) cohabitent dans le zeitgeist de cette surmodernité. On retrouve aussi bien ce phénomène dans les effets de fragmentation et de décomposition des vieilles certitudes que dans l'impression d’être arrivés à une fin qui, souvent, pousse les sociétés et les individus à faire un bilan, à faire les comptes d’un passé non résolu, plein de blessures de tout genre, dont on hérite et qui se transmet au fil des générations. Dans ce sens, selon certains auteurs (M. Hirsch), il faudrait parler d’une post-mémoire qui décrirait la relation de la « génération d'après » avec le traumatisme personnel, collectif et culturel de la génération précédente. Des expériences qui auraient été transférées de manière si profonde et émotive qu'elles sembleraient constituer les souvenirs mêmes des récepteurs des générations postérieures. Des souvenirs, d’autre part, qui sont aussi formés et transformés par des récits et des représentations externes à l’expérience physique du témoin direct. Ainsi, donc, puisqu'ils opèrent lors du processus de transmission de mécanismes divers de réélaboration, ces souvenirs ont toujours une condition vicaire comme toute reconstruction mémorialiste et (aussi) historique (B. Sarlo). Que l'utilisation du préfixe post soit appropriée ou non pour désigner les formes de la mémoire, ce qui est clair c'est que n'importe quelle transmission est dépositaire d’ambivalences et de problématisations et, par conséquent, invite au questionnement et à la réflexion. 

 

                La prolifération publique de récits de mémoire – élaborés et compris selon les termes de ce que l'on conçoit comme post-mémoire – ouvre des chemins d'engagement dans la restitution des victimes, des vaincus et des résistants, mais permet-elle réellement de dépasser le cadre psychologique collectif de la communauté de douleur ? Est-il souhaitable que l'insertion de ces récits dans des opérations d’histoire critique permette d'aller au-delà du « souvenir en commun » souvent soutenu par le mythe (ou la propagande dans le pire des cas) et d'atteindre un « souvenir partagé » non fermé ? C'est-à-dire, la possibilité d’une entente à propos des héritages traumatiques du passé immédiat qui se base sur l’objectivité et l’attitude empirique qui doit obligatoirement donner la priorité au « savoir » incomplet par dessus le « croire ». Que ce soient des commissions de la vérité, des accords de paix, des programmes de politiques publiques de mémoire pour ne mentionner que quelques exemples, c'est sûr qu'ils devront chercher une assise dans les nuances factuelles (D. Rieff) et dans la profondeur affective qui résulte d’une combinaison équilibrée de mémoire/post-mémoire et d'histoire critique.

 

Programme :

 

Jeudi 4 octobre

Faculté de Pédagogie, Université de Girona

18h : Inauguration institutionnelle

18h30 : Conférence d'inauguration

Le transfert de mémoire comme objet d’analyse historique

Conférencier : Pedro Ruiz Torres (professeur d'Histoire contemporaine à l'Université de València)

Présentateur et modérateur : Maximiliano Fuentes (Chaire Walter Benjamin / Université de Girona)

19h30 : présentation du livre Kinder für die Aufklarung. Infancias e interrupcions en las emisiones radiofónicas de Walter Benjamin, d’Ana Lanfranconi. Essai couronné d'un prix lors de la IIIe édition du Prix international Mémorial Walter Benjamin, 2017

 

Vendredi 5 octobre

Faculté de Pédagogie, Université de Girona

Séance matinale

10h : Culture de la mémoire et amnésie politique : constat d'échec et propositions

Conférencière : Catherine Coquio (professeure de Littérature comparée, Université Paris Diderot)

Présentateur et modérateur : Jordi Guixé (EUROM)

11h30 : pause-café

12h : À l'instant d'un danger. Colonialisme et mémoire dans l'Espagne actuelle

Conférencière : Sara Santamaría (maîtresse de conférences, Université AarhusSchool of Communication and Culture)

Présentateur et modérateur : Jordi Font (MUME)

13h30 : fin de la séance du matin

 

Séance de l'après-midi

16h : Panel d'experts et dialogue

« Lorsque le passé traumatique devient présent. Typologies et exemples de transmissions et de récits de mémoire, les voies de réparation et les politiques publiques de mémoire »

Interventions

-La persistance du passé traumatique en Espagne. Carences et difficultés dans la construction d’une mémoire « partagée » de la Guerre civile, de la dictature franquiste et de la transition vers la démocratie

Conférencière : Montserrat Duch (professeure d’Histoire contemporaine à l'Université Rovira i Virgili)

-Le nazisme et le stalinisme dans la politique de mémoire européenne

Conférencière : Laure Neumayer (maîtresse de conférences au Centre européen de Sociologie et de Science politique - CESSP, Université Paris 1)

-Les commissions de la vérité du Cono Sur et la construction sociale des victimes des violations des droits humains

Conférencier : Emilio Crenzel (professeur de Sociologie à l'Université de Buenos Aires, chercheur du CONICET)

Présentateur et modérateur : Antonio Míguez Macho (Université de Santiago de Compostela)

19:00h Clôture du colloque

 

Samedi 6 octobre

8 h : Itinéraire à pied de Banyuls à Portbou en hommage à Walter Benjaminavec l'intervention artistique : « Banyuls Portbou_muga  600 », de Nora Ancarola avec Ramon Villegas.

Un projet réalisé avec la collaboration du Centre de Creació Contemporània Nau Côclea de Camallera.

Départ de Portbou. Veuillez vous inscrire à l'Office de tourisme de Portbou avant le 30 septembre 2018. Téléphone (+34) 972 12 51 61. Prix du bus : 5 euros

 

 

Idée et organisation :

Chaire WB (Université de Girona) et Musée Mémorial de l’Exil (MUME)

 

Co-organisation :

Memorial Democràtic, Institut Català Internacional per la Pau, Generalitat de Catalunya, EUROM / Fundació Solidaritat UB, Universitat Perpignan

 

Avec la collaboration de :

Nau Côclea, Ajuntament de Portbou

 

Avec le soutien de :

Diputació de Girona,  Universitat de Girona - Consell social, Ajuntament de Girona, Europe for Citizens

 

Les langues du colloque seront celles des conférenciers et il y aura un service d'interprétation simultanée du français au catalan, ainsi que du catalan et de l'espagnol vers le français.

 

Inscription au colloque : jusqu'au 30 septembre 2018 à  Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.  (+34) 972 55 65 33

(activité gratuite)

Pour plus d'infos télécharger le programme du colloque ici.